La chandeleur

Le 2 février, quarante jours après Noël, l’Église célèbre la fête de la Présentation du Seigneur. Il nous faut alors suivre Marie et Joseph jusqu'au temple. Eux suivent le chemin de la foi de leur peuple. L'évangéliste Luc nous rapporte la belle prière du vieillard Siméon tenant Jésus entre ses bras : « Mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël ton peuple » (Luc 2, 30-32).
A cause de ces paroles, où Jésus est reconnu comme Lumière, cette fête s'appelle aussi la Chandeleur. Chandeleur vient précisément de candela - la chandelle - reprise dans l'expression Festa candelarum, fête des chandelles. (Fête des
« Chandelles », de la lumière). Aujourd'hui, on bénit les cierges pour rappeler que Jésus est lumière du monde.

A l'église – La célébration commence par une bénédiction de cierges et une procession de la lumière, autant pour signifier la lumière que pour éloigner le malin, les orages, la mort, etc... Et invoquer les bons augures à veiller sur les semailles d'hiver qui produiront les bonnes moissons de l'été prochain. Les cierges bénis sont emportés dans les foyers pour les protéger.

En famille – A la maison, nous pouvons aussi célébrer le Christ notre Lumière : un chant, l’Évangile de la Présentation (Luc 2, 22-40), on allume des cierges, on dit ensemble une prière de louange, puis le Notre Père. A la fin de ce temps de prière, chacun peut se diriger vers la table avec sa petite lumière. Un des parents dit une prière de bénédiction pour le repas avant de partager les traditionnelles crêpes.

Lumière et crêpe – Si nous faisons des crêpes pour cette chandeleur, qui a la forme et presque la couleur d'un soleil. Si l'on goûte de ce soleil ce jour-là, c'est que l'on a envie aussi de goûter au soleil ou à la présence de Dieu.
La lumière qui éclaire ma vie : celle dont je vis, celle que je ne cesse de rechercher et qu'éventuellement je partage. Chandeleur : c'est l'ensemble de ma vie qui cherche à se laisser aimanter par le Christ vivant.

Passer à la lumière... – Finalement, la Chandeleur m'invite à m'arrêter un instant, comme on le fait dans une marche longue, pour reprendre le cap. M'arrêter pour regarder et contempler le visage du Christ, lumière des nations. A revenir à sa Parole, au temps de l'écoute, à celui de la contemplation. Et c'est un temps sans prix, inestimable dans ma vie : je suis à l'essentiel.
Cela m'amène aussi à vérifier comment je suis solidaire des gestes de la foi de mon peuple, comment je m'en nourris. De la façon la plus simple, ce sont les sacrements, la Parole de Dieu, mais aussi l'oreille attentive que je prête à ceux qui, comme Siméon, révèlent l'inouï au cœur de l'ordinaire que nous vivons. Et ce sont aussi les gestes de fraternité que depuis toujours dans la foi on a appelé charité, car c'est le cœur qui est engagé, c'est l'être tout entier.

... Au Christ lumière – Alors la fête de la Chandeleur, celle de la présentation du Seigneur, c'est une fête pour moi aujourd'hui, du passage à la lumière. Du passage au Christ lumière.
Jacques Nieuviarts, assomptionniste