Actes 13,14.43-52
Ps 99(100)
Ap 7,9.14b-17
Jean 10, 27-30

Notre vie est entre les mains de Dieu

Chers frères et sœurs, ce 4e dimanche de Pâques est toujours appelé, le dimanche du Bon Pasteur, en raison de l'évangile qui est lu ce jour, où Jésus se présente comme le Bon Pasteur.
La 1ère question que nous pouvons nous poser est celle de savoir, pourquoi l'Eglise a choisi de célébrer ce dimanche du Bon Pasteur au cœur du temps pascal ? Certainement en raison de l'idée du salut qui y est contenue. Car le Bon Pasteur est celui qui peut donner sa vie pour protéger et sauver ses brebis à l'approche d'un danger qui les guette. Et nous savons que c'est l'idée centrale du mystère pascal que nous sommes en train de célébrer ces jours-ci. En effet, si Jésus s'est incarné, s'il a souffert sa passion, et s'il est mort et ressuscité, c'était pour nous sauver de la mort éternelle dûe à nos péchés, et nous ouvrir les portes de la vie éternelle.

La 2e question que nous pouvons poser est, quel peut être l'apport de cette fête dans notre vie spirituelle, dans le contexte qui est le nôtre, celui de la peur, de l'angoisse généralisée, et de l'inquiétude des lendemains incertains, à cause de toutes les crises qui secouent notre monde : crises climatiques, politiques, migratoires, sociales, spirituelles..? La parole de Dieu de ce jour répond aisément à cette question. Elle nous apporte une véritable bouffée d'oxygène, car elle est pleine de réconfort, car elle nous apporte une bonne dose d'assurance, à nous tous qui avons mis notre foi en Fieu. Oui, dans nos luttes et combats existentiels, nous ne sommes plus seuls et abandonnés à nous-mêmes, le Sgr notre Berger est avec nous. Il nous rassure et nous dit :«Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main»(Jn 10, 28-29)
Bien aimés du Christ, notre adversaire utilise toujours comme armes, pour nous déstabiliser, et par ricochet nous rendre vulnérables : la peur, le doute, le désespoir et le découragement. Mais aujourd'hui, Jésus, notre Bon Berger, nous donne comme arme puissante, pour le contre carrer l'assurance de sa protection, de sa sécurité. Nous n'avons donc plus à avoir peur, ni de quoi que se soit, ni de qui que se soit. Il nous dit en quelque sorte, pas de panique, je suis là, je vous tiens dans ma main. Quelle belle parole pleine d'assurance, qui devrait chasser en nous, toute angoisse, toute inquiétude, quand bien même le présent et l'avenir peuvent être incertains et obscures. Le ressuscité est là, il est bien présent. Il devient pour nous un appui et un rocher sûr pour vaincre tous ces sentiments toxiques qui nous enlèvent toujours la quiétude et la paix intérieures. Confions lui donc aujourd'hui, nos peurs, nos angoisses, nos interrogations et lui-même saura les transformer en paix et sérénité intérieures.
Frères et sœurs, il faut également dire qu'en célébrant cette fête du Bon Pasteur, comme chrétiens, assumant une quelconque responsabilité, nous sommes fortement interpellés. Que ce soit une responsabilité religieuse, politique, administrative, judiciaire ou même parentale, nous sommes invités à imiter Jésus le Bon Pasteur par excellence, qui se soucie d'abord du bien-être de ses brebis. Et à son époque, s'il s'est présenté comme le Bon Pasteur, c'est parce qu'il y'en avait des mauvais. Aujourd'hui encore, notre monde regorge de mauvais responsables, même au niveau spirituel. Ainsi, nous avons de faux pasteurs, des vendeurs d'illusions, de véritables mercenaires spirituels, dont leur seul souci est leurs ventres et leurs poches. Faisons très attention, c'est sa seule voix que nous devons écouter.
Frères et sœurs, nous n'avons qu'une seule voix qu'il faut écouter, c'est celle de Jésus, qui continue de nous parler aujourd'hui à travers son Église et ses pasteurs. Que les chrétiens apprennent à connaître et à fréquenter leurs pasteurs, et surtout les vrais, ceux qui sont les intendants des mystères du royaume des cieux. Et il n'est pas très difficile de les reconnaître, si on est juste un peu attentif.
Beaucoup de chrétiens aujourd'hui souffrent parfois du syncrétisme, un mélange de tout ce qui passe sous leurs yeux, et de tout ce que leurs oreilles entendent, sans aucun critère de discernement. On entend facilement dire, "c'est la même chose, moi je pars partout où on prononce le nom de Dieu". De tels propos font preuve d'un manque de consistance spirituelle et d'une certaine naïveté dans la foi. Ce n'est pas parce qu'on prononce le nom de Dieu quelque part, ou qu'on récite le chapelet, qu'il est dit que c'est un bon endroit pour nous. Souvenons-nous que lors des tentations de Jésus au désert, le diable s'est servi de la parole de Dieu, mais tout en faussant un peu son interprétation, pour vouloir faire tomber Jésus.
Un très bon dimanche à tous dans le Christ ressuscité, notre Bon Pasteur, en qui nous pouvons mettre notre confiance.
Padre Armand, sac!!!
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