Actes 15,1-2.22-29
Ps 66(67)
Ap 21,10-14.22-23
Jean 14,23-29

Chers frères et sœurs, la 1ère lecture de ce jour nous fait écho de ce qu'on a toujours considéré dans l'Eglise, comme étant le "concile de Jérusalem", organisé par les apôtres pour résoudre la 1ère grande crise qui a secoué l'Église primitive.
En effet, tout au début de l'Eglise, il ya eu 2 groupes de chrétiens, ceux d'origine juive et ceux d'origine grecque. Mais peu à peu entre eux, la cohabitation va devenir de plus en plus difficile ; car non seulement les chrétiens d'origine juive sont circoncis et considèrent comme païens ceux qui ne le sont pas, mais plus grave encore, tout les oppose dans la vie quotidienne, à cause de toutes les pratiques juives auxquelles les chrétiens d'origine païenne n'ont aucune envie de respecter.

Et voilà qu'un jour à Antioche de Syrie, les chrétiens d'origine juive sont venus de Jérusalem pour envenimer la querelle, en expliquant qu'on ne doit admettre au baptême chrétien, que des juifs. Ce qui signifie concrètement que les païens qui veulent devenir chrétiens, doivent se faire d'abord juifs en recevant la circoncision, qui en est la marque d'appartenance et le rite de passage.
Frères et sœurs, derrière cette querelle, il y a au moins trois enjeux de foi qui seraient judicieux d'exposer.
Premièrement, l'enjeu d'unité. Dans l'Eglise, pour vivre l'unité ou la communion, faut-il avoir les mêmes idées, les mêmes rites, les mêmes pratiques ? Mieux, faut-il viser l'uniformité ?
Deuxièmement, c'est l'enjeu de fidélité. Tous ces chrétiens de toutes les origines veulent rester fidèles à JC ; mais alors, en quoi consiste cette fidélité ? Jésus Christ était juif et circoncis. Cela veut-il dire que pour devenir chrétien, il faut d'abord devenir juif comme lui ?
Troisièmement, l'enjeu de salut. Le salut est-il donné par Dieu gratuitement ou alors c'est nous qui pouvons décider à sa place pour savoir qui peut ou ne peut pas être sauvé ? Car ces chrétiens d'origine juive disent : «si vous ne recevez pas la circoncision, vous ne pouvez pas être sauvés»(Ac 15,16) ; pourtant Jésus lui-même a bien dit : «celui qui croira et sera baptisé sera sauvé»(Mc 16,16) A l'issue des débats, c'est ce dernier argument qui va l'emporter. C'est le baptême seul qui est la porte ouverte qui conduit au salut.
Frères et sœurs, les décisions de cette Assemblée de Jérusalem nous donnent beaucoup d'enseignements. Nous pouvons en retenir trois.
Tout d'abord, nous voyons que la logique de l'élection est dépassée, car avec Jésus, nous sommes déjà passés à une nouvelle étape de l'histoire du salut ; celle de la Nouvelle Alliance qu'il est venu inaugurer.
Ensuite, nous comprenons qu'être fidèles à Jésus Christ ne veut pas forcément dire reproduire un modèle figé, qu'on ne peut plus modifier. En d'autres termes, fidélité n'est pas répétition. A ce niveau, nous pouvons tirer un coup de chapeau à notre Église, qui au fil de l'histoire, à travers cette tradition des conciles et des synodes, a toujours su trouver des réponses adéquates et adaptées, à chaque nouvelle crise dont elle a fait face.
Voilà une démarche à copier aujourd'hui, dans nos communautés chrétiennes, et même dans nos familles :la culture du dialogue. Elle est nécessaire pour la résolution des différentes crises dont nous pouvons faire face.
Enfin, nous comprenons que le salut apporté par JC est un salut universel, il est pour tous les hommes, de tous les horizons, de toutes les cultures, il n'est pas réservé à un peuple, fut-il le peuple élu. Et c'est dans l'unité et la diversité que cette foi doit être vécue, exprimée et célébrée dans l'Eglise. Et on le voit bien dans la liturgie, comment cette foi est célébrée différemment selon les cultures du monde. Ce qui est logique, car la Bonne Nouvelle du Christ, en se répandant dans le monde entier, est allée à la rencontre de toutes les cultures et traditions du monde, et ce phénomène est appelé l'inculturation.
Par contre, l'évangile de ce jour vient nous rappeler une chose fondamentale, à savoir, s'il est vrai que c'est le baptême qui nous ouvre les portes du salut, il n'en demeure pas moins qu'il n'est pas suffisant, car c'est en gardant la parole de Jésus et en vivant de son amour tous les jours de notre vie, que nous pouvons espérer être sauvés. Aussi, si les rites sont importants dans notre vie de foi, car nous sommes une religion de l'incarnation, mais il reste que ces derniers (rites), ne sont pas absolument nécessaires pour notre salut. C'est toujours très regrettable de voir aujourd'hui l'engouement de certains fidèles pour les rites, et l'usage des sacramentaux, au détriment de la réception des sacrements, qui pourtant, sont le moyen ordinaire pour recevoir les grâces de la part de Dieu. D'autres négligent l'effort de conversion de vie et le respect des commandements de Dieu, pour une foi des sacramentaux.
Ouvrons nos cœurs au Défenseur que Jésus nous promet de nous envoyer d'auprès du Père, et qui nous guidera vers le salut.
Un très bon dimanche dans le Christ ressuscité.
Padre Armand, sac !!!
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