Genèse 18,1-10a
Ps 14(15)
Colossiens 1,24-28
Luc 10,38-42

A l'école de l'hospitalité
Frères et sœurs, l'histoire d'Abraham accueillant trois voyageurs chez lui, nous met à l'école de l'hospitalité. En effet, comme nous le savons, Abraham a été choisi par Dieu, pour être le père d'une grande multitude. Mais voilà que le temps passe et il se pose des questions, pas dans le sens qu'il doutait de Dieu, mais son problème est qu'il ne sait pas trop pourquoi elle tarde à se réaliser, car voilà 25 ans qu'il attend. Aussi, parce qu'il ne sait pas comment surmonter l'obstacle majeur pour sa réalisation, qu'est leur stérilité à deux et leur âge avancé. Il va alors envisager à deux reprises, des solutions humaines. Il va d'abord penser à son serviteur Elièzer : «Sgr Dieu, je m'en vais sans enfant, et l'héritier de ma maison, c'est Elièzer de Damas». (Gn 15,2) Mais Dieu va refuser. Ensuite, il va se dire que ça pourrait être son vrai fils, Ismaël, qu'il a eu de son union avec Agar : «Car un homme de 100 ans va-t-il avoir un fils, et Sara va-t-elle enfanter à 90 ans? Accorde-moi seulement qu'Ismaël vive sous ton regard»(Gn 17,17). Mais Dieu va lui redire : «Oui, vraiment ta femme Sara va t'enfanter un fils, tu lui donneras le nom d'Isaac»(Gn 17,19).


Au temps donc fixé, Dieu lui-même en personne vient à sa rencontre pour lui annoncer la réalisation de ladite promesse. C'est notre texte de ce jour. Frères et sœurs, cette histoire d'Abraham nous montre que quand nous sommes plein de bonté et de bienveillance dans cette vie, nous ferons toujours l'expérience des bontés du Sgr dans nos vies. En effet, l'hospitalité qu'offre Abraham à ces trois inconnus est signe de sa bonté et de sa bienveillance. Imaginons s'il n'avait pas offert cette hospitalité, il allait rater l'heure à laquelle Dieu avait décidé de le visiter. Cela montre aussi que, quand bien même Dieu veut agir dans nos vies, il reste qu'il attend toujours notre collaboration. Oui Dieu veut nous sauver, nous combler de ses grâces, mais comme l'avait dit saint Thomas d'Aquin : "la grâce suppose la nature". Et on peut alors se demander, pourquoi avec nous autres, malgré nos actes de bonté, de charité, nous ne voyons pas ces mêmes grâces de Dieu dans nos vies ? Le problème ne serait-il pas parce que parfois nous faisons semblant d'être bons, d'être bienveillants ? Car à vrai dire, il y a de nos jours, peu de sincérité quand bien même nous faisons le bien, et même dans notre façon de le faire. Quand nous faisons le bien aux autres dans un esprit d'attente de reconnaissance, quand nous faisons le bien par intérêt ou par calcul, nous penserons toujours que les bénédictions du Sgr, comme celle qu'a eu Abraham, ne sont que pure fiction et sont réservées pour les autres. Oui il nous faut vraiment redécouvrir la notion de gratuité, de bonté vraie, de la bienveillance sincère dans notre manière de vivre avec les autres, comme on le voit avec Abraham. Et ne l'oublions jamais, Dieu regarde davantage l'attitude du cœur qui donne et l'intention, et non d'abord les actes eux-mêmes que nous posons.
L'évangile de Luc nous parle aussi de l'hospitalité que Marthe et Marie, les sœurs de Lazare, offrent à Jésus à Béthanie. Tandis que Marthe s'agite pour les commodités de service, Marie s'assoit au pied de Jésus pour l'écouter. Une certitude nous habite devant le visage de ces deux femmes, c'est que dans cette vie, ne nous arrive-t-il pas souvent d'être des Marthe et d'être des Marie ? Mais la réponse que Jésus donne à Marthe, quand elle se plaint de sa sœur qui ne l'aide pas dans le service, est une interpellation pour chacun d'entre nous, qui avons toujours beaucoup de choses à faire, au point d'oublier le Sgr ou de le reléguer au second plan dans nos vies. Jésus ne veut pas qu'on l'oublie, qu'on le néglige, car la seule chose nécessaire, c'est de savoir prendre du temps pour lui et avec lui. Voilà la grande leçon de cette histoire. Que nos multiples occupations de la vie ne deviennent pas des obstacles dans cette quête d'intimité avec Jésus, car c'est elle, cette intimité, qui nous apporte la paix, le vrai bonheur et c'est aussi elle, la clé du paradis. Malheureusement de nos jours, les choses sont inversées, nous ne savons plus prendre du temps pour Dieu et tout ce qui le concerne, ce qui compte, ce sont nos affaires, nos projets. Parfois, nous sommes à la messe, tout pressés de sortir de l'église, pourtant nous irons mettre du temps à table, et dans nos multiples loisirs. Et même la qualité du temps que nous donnons à Dieu laisse à désirer. Car parfois, nous sommes à l'église seulement de corps, tandis que notre esprit est ailleurs, dans ce que nous ferons aussitôt après. Nous manquons du temps pour un temps d'adoration, de récollection, de méditation de la parole de Dieu. En vérité, nous du 21e siècle, qui vivons dans une civilisation de distractions et de bruits à outrance, nous avons plus besoin de devenir des Marie que de Marthe ; notre bonheur intérieur en dépend.
Que le Sgr nous donne la grâce de savoir accueillir sa grâce dans nos vies et de la rendre plus fructueuse dans l'accueil des autres.
Un très bon dimanche à tous dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Padre Armand, sac !!! Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.