Isaïe 60,1-6
Ps 71(70)
Ephésiens 3,2-3a.5-6
Matthieu 2,1-12

Accueillir le Dieu qui se manifeste

Chers frères et sœurs, nous célébrons aujourd'hui l'Épiphanie du Sgr. De son étymologie grecque Epiphania, ce mot signifie "manifestation". Dans notre contexte, il s'agit alors de la manifestation de Dieu fait homme en Jésus-Christ à toute l'humanité. Jadis Israël eût ce privilège d'être le peuple élu, le peuple par qui Dieu a scellé une alliance avec l'humanité.

Aujourd'hui, à travers ces mages, venus des contrées lointaines, ce sont tous les peuples de la terre qui entrent dans cette alliance, et se mettent en route pour aller à la rencontre de ce Dieu, qui nous le savons, en premier, a pris l'initiative de venir à nous. Dieu n'est donc plus le Dieu d'un peuple, d'une race, il est désormais le Dieu de tous les hommes. Quelle Bonne Nouvelle alors pour chacun d'entre nous. La démarche des mages nous édifie au moins sur deux points.
Primo, Matthieu qui raconte l'histoire nous dit que, si les mages se sont mis en route, c'est parce qu'ils avaient eu une révélation et une étoile les guidera jusqu'à l'endroit où se trouvait l'enfant Jésus, afin de l'adorer. C'est grâce à tous ces signes qu'ils comprendront que cet enfant était un enfant exceptionnel. Alors frères et sœurs, sachant que nous aussi nous sommes en marche vers le royaume, on peut se poser cette question, qu'est-ce qui illumine aujourd'hui notre vie et l'oriente, ? Par quoi nous laissons-nous guider dans notre voyage existentiel vers notre vraie patrie ? Si hier pour les mages, ce fut l'étoile, pour nous chrétiens, c'est la parole de Dieu, transmise par l'Eglise, qui devrait être notre étoile, et notre boussole dans notre pèlerinage. Malheureusement, l'homme moderne ne se fie plus trop à la lumière divine qui nous est révélée dans sa parole, il suit de plus en plus lui-même, ses désirs, ses penchants. Or faire ainsi, est une grave erreur, car suivre soi-même, c'est courir le grand risque de s'égarer.
Beaucoup de personnes suivent par exemple l'horoscope, vont chez les voyants, les marabouts, pour que ce soient ces derniers qui dictent leur conduite, décident à leur place, de ce qu'ils doivent faire. Que la parole de Dieu redevienne notre vraie lumière qui nous guide dans nos choix et nos décisions, car elle va nous révéler chaque fois, ce que Dieu attend de nous, ce qui lui fait honneur et ce qui lui plaît.
Secundo, Matthieu nous dit qu'en quittant leurs contrées, les mages ne quittent pas les mains vides. Ils prennent les présents de grandes valeurs de leurs milieux : l'or, la myrrhe et l'encens. Frères et sœurs, en écoutant ceci, on peut se demander : Dieu a-t-il besoin qu'on lui offre encore quelque chose, puisqu'il est Dieu, c-d un être qui se suffit à lui-même ?
Mais alors, quand on regarde l'histoire de la Bible, depuis la Genèse, on constate que depuis Abel le juste, Abraham, Noé et tous nos patriarches dans la foi, ils ont toujours fait des offrandes à Dieu. Et dans ces actes d'offrandes, Dieu a toujours apprécié l'attitude de leur cœur, qui donne avec joie ; soit pour exprimer une certaine reconnaissance, soit pour implorer le pardon, soit pour demander les bénédictions. Nous aussi, en allant chaque fois à la rencontre de Dieu, en répondant à son invitation dominicale, ne quittons jamais nos maisons les mains vides. C'est le livre du Deutéronome qui nous le dit encore clairement (Dt 16,16). Ils sont nombreux ces chrétiens, au moment des offrandes qui réfléchissent s'il faut donner ou pas quelque chose. Dieu aime le cœur qui donne librement et avec joie.
Par ailleurs, en parlant de don à offrir à Dieu, que pouvons-nous lui offrir qui puisse lui plaire vraiment ? Pour l'homme moderne, c'est par exemple son temps, car de nos jours, pour donner de son temps à Dieu ou ce qui le concerne, nous n'en avons pas toujours. En effet, nos programmes, nos affaires, ont toujours plus de valeur pour nous. Les mages nous donnent d'ailleurs un bel exemple à ce sujet. Ils partent de très loin pour une longue aventure qui va leur prendre du temps. Or donner de son temps à Dieu, c'est lui offrir l'adoration qui lui est due, indépendamment de ce que nous sommes, de ce que nous avons ou ressentons. Voilà pourquoi par exemple, aller en pèlerinage, prendre un temps de retraite, une journée de récollection, un moment de prière personnelle, la messe dominicale, s'occuper de l'embellissement de l'église, s'adonner aux activités caritatives pour aider les personnes vulnérables, seront toujours des bons moments donnés pour la gloire de Dieu, le salut du prochain et pour notre propre salut.
Et à ce sujet, il faut savoir qu'un temps donné à Dieu n'est jamais un temps perdu. Car, "quand on s'occupe des affaires de Dieu, Dieu en retour s'occupe de nos affaires", disait un grand saint.
Prions le Sgr en ce jour, pour que comme les mages, nous sachions consacrer notre temps pour l'adoration du vrai Dieu, qui nous donne la vie.
Encore une bonne et heureuse année à tous dans la paix du Christ.
Padre Armand, sac !!!
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