Isaïe 42, 1-4.6-7
Ps 28(29)
Actes 10, 34-38
Matthieu 3, 13-17

"Que fais-je de mon baptême ?"

Frères et sœurs, la fête du baptême de notre Sgr Jésus nous donne toujours l'occasion de revisiter notre propre baptême, ce sacrement qui a fait de nous des enfants adoptifs de Dieu en Jésus-Christ et les membres de son corps Mystique, qu'est l'Eglise.
De son étymologie grecque "baptizein", le mot baptême veut dire "plonger, immerger". Mais plonger dans quoi ? Certains diront dans l'eau qui est la symbolique même du baptême ; mais en réalité, nous sommes plongés dans quelque chose de plus grand qui va au-delà du symbole de l'eau.
l'Eglise nous enseigne que par le baptême, le baptisé devient enfant de Dieu, c-d sa propriété, comme nous le voyons aujourd'hui dans l'évangile. Saint Matthieu nous dit que quand Jésus sort de l'eau, il y eût une voix venant du ciel : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui, je trouve ma joie» (Mt 3,17). C'est exactement le même mystère qui se réalise pour chacun de nous quand le ministre ordinaire du baptême (évêque, prêtre, diacre) dit la formule trinitaire : "Je te baptise, au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit". De par donc son étymologie, nous sommes plongés, immergés, dans l'amour de la Sainte Trinité. Quelle joie doit être la nôtre frères et sœurs, pour ce que nous sommes devenus et ce que nous sommes appelés à être, par notre baptême ! Toutefois, sommes-nous assez conscients de toutes les implications qui découlent de sacrément dans notre vie ?

Et cette question nous amène à une autre : Qu'avons-nous fait, mieux que faisons-nous de notre baptême ? Dans la scène qui se passe au Jourdain, deux choses attirent notre attention.
Premièrement, il nous dit que dès qu'il fut baptisé, alors qu'il remontait de l'eau, les cieux s'ouvrirent (Mt 3,15). Ces cieux qui s'ouvrent, signifient que c'est désormais en Jésus-Christ, que nous avons accès au ciel, qui jusque-là, était resté fermé depuis le jardin d'Éden. Nous comprenons pourquoi il dira plus tard, qu'il est le Chemin, la Vérité et la Vie et que nul ne pouvait aller vers son Père, sans passer par lui (Jn 14,6).
Et du coup, une autre question peut surgir : suffit-il d'être baptisé pour être sauvé ?. Que non ! Car il y a de nos jours, beaucoup de chrétiens qui vivent comme des païens (au sens de non baptisés) et beaucoup de païens qui vivent comme des chrétiens devraient vivre. Et voilà pourquoi depuis le Concile Vatican II, l'Eglise enseigne que même les non baptisés, qui auront suivi la voie de leur conscience (la voie du bien) pourront être sauvés eux aussi. Tout comme les chrétiens qui n'auront pas fait honneur à leur baptême, en vivant une vie contraire à ce que veut leur Père, se verraient refuser l'accès du ciel.
Deuxièmement, la déclaration d'amour du Père pour son Fils : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui, je trouve ma joie », devrait inviter chacun d'entre nous à se poser cette question. Est-ce par ma vie d'aujourd'hui, Dieu trouve-t-il sa joie en moi en tant que son enfant ? Mieux, ma vie de baptisé rend-elle Dieu fier de moi, lui remplit-elle son cœur de joie, ou alors de tristesse, comme tout parent ressentirait quand son enfant se comporte mal ?
Les réponses à ces questions sont individuelles et dépendent largement de notre façon de témoigner de notre baptême au quotidien. En effet, le baptême va avec une vie de témoignage, une vie d'engagement. Se contenter du simple fait qu'on a été baptisé, est insuffisant pour espérer gagner le cœur de notre Père.
Comme baptisés, nous devons communiquer, partager aux autres cette vie reçue de Dieu. Elle n'est pas faite pour être gardée avec soi. Un chrétien doit susciter d'autres personnes à entrer dans cette vie de communion avec Dieu.
Quand Jésus nous dit que nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde, il nous investit par là d'une lourde mission, celle de séduire, notre témoignage authentique de l'amour de Dieu, ceux qui ne le connaissent pas. Nous baptisés, nous ne devons pas être un obstacle pour les autres qui ne connaissent pas encore le Christ et son Eglise, parce que nous menons une vie de contraire à notre baptême. Retenons donc que chacun d'entre nous, porte en lui le défi d'honorer par sa vie, le beau nom de chrétien que nous avons reçu depuis le jour de notre baptême.
Frères et sœurs, comme dans la parabole des talents, il nous est demandé de fructifier notre vie baptismale, il ne faut pas l'enfouir, ni la cacher, car on allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, avait dit Jésus (Mt 5,15), il faut donner du goût, de l'envie, à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ, ou se sont éloignés de lui, pour diverses raisons, de le connaître et de le redécouvrir. C'est là que réside notre mission dans notre monde d'aujourd'hui. Chaque baptisé doit en être conscient.
Qu'ai-je fait de mon baptême ? Que cette question soit notre source quotidienne pour mieux agir, afin de faire honneur à notre Père des cieux.
Un très bon dimanche à tous dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Padre Armand, sac!!!