Ben Sirac 15,15-20
Ps 118(119)
1Corinthiens 2,6-10
Matthieu 5,17-37
Dieu nous a créés libres
Chers frères et sœurs, la question de notre liberté et de ce en quoi elle consiste, est au cœur de notre méditation de ce jour.
En effet, Dieu n'a pas voulu faire de nous des simples marionnettes ou des petits esclaves qui lui obéiraient sans broncher. Puisqu'il n'est qu'amour, alors il nous a voulu libres pour que nous puissions l'aimer librement et sans contrainte. Car, quel parent par exemple, forcerait son enfant à l'aimer ? Ou encore, quelle satisfaction un parent aurait-il s'il passe le temps à quémander l'amour de son enfant ? Même comme certains le font aujourd'hui, ce qui est vraiment dramatique.
Frères et sœurs, notre liberté est intimement liée à la question de notre responsabilité face à nos actes bons ou mauvais. Ben Sirac élabore une réflexion dans ce sens qui tient en trois points. Premièrement, le mal est extérieur à l'homme. Cela signifie donc que le mal ne fait pas partie de notre nature humaine, car si c'était le cas, il n'y aurait aucun espoir de salut et nous ne pourrions jamais nous en débarrasser. Et la Bible, depuis là Genèse, affirme que tout ce que Dieu a fait, il vit que c'était bon ; donc il n'a pas fait le mal et ce n'est pas lui qui nous y pousse à le commettre : «Dieu n'a commandé à personne d'être impie, il n'a permis à personne de pécher» (15,20).
Deuxièmement, puisque le mal est extérieur à l'homme, il est libre de choisir le bien ou le mal : «Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de toi de rester fidèle. Le Sgr a mis devant toi l'eau et le feu : étends la main vers ce que tu préfères» (15,15-16). C'est donc parce que l'homme est libre de choisir, qu'on peut parler de péché. Et c'est à ce niveau que notre liberté a toujours été mise en opposition avec la toute puissance de Dieu. Car généralement, face à l'abondance du mal, à des horreurs, des injustices de toutes sortes, il nous arrive souvent de nous demander où était Dieu quand telle situation se passait ?Pourquoi laisse-t-il faire ? Nous avons la réponse : Dieu ne pouvant se contredire, sa toute puissance qui n'est qu'amour, est impuissante face à la liberté de l'homme, qui est par ricochet, le signe même de sa grandeur.
Dieu n'est qu'amour et seul l'amour vrai veut l'autre libre. Mais parce que cette liberté est un vrai couteau à double tranchant, capable de faire/choisir le bien ou le mal, et parce que Dieu a toujours voulu le bien de l'homme, qu'il va lui donner sa Loi, pour le guider dans ses choix. Cette dernière devient donc en quelque sorte, le mode d'emploi donné à l'homme pour le bon usage de sa liberté. C'est pourquoi, troisièmement, le psalmiste de ce jour, à la suite de Ben Sirac, nous dit que, la vraie liberté, c'est quand on choisit de faire le bien. Et choisir le bien, au lieu du mal, c'est choisir le bonheur : «Heureux les hommes intègres dans leurs voies qui marchent suivant la Loi du Sgr»(Ps 118,1). Évidemment aussi, notre malheur c'est quand nous choisissons de nous détourner de ses voies. Et Dieu n'a rien voulu nous cacher à ce niveau, il nous a indiqué clairement le choix que nous devrions faire : «La vie et la mort sont proposées aux hommes, l'une ou l'autre leur est donnée selon leur choix»(15,17).
Dans l'évangile, Jésus, nous montre la continuité entre l'Ancien et le Nouveau Testament, entre l'ancienne Loi et la nouvelle, qu'il est venu promulguer et accomplir. «Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir»(Mt 5,17). Il confirme ainsi l'autorité de Moïse et des Prophètes. Mais avec lui, il est question d'aller plus loin dans la mise en pratique de ces commandements, dont l'amour est la base et le résumé. D'où la formule "Vous avez appris....Eh bien moi je vous dis". Avec Jésus, il est question de passer à une observance extérieure de la Loi, à celle intérieure : «Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et de pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux»(Mt 5,20).
En effet, les pharisiens étaient convaincus qu'il suffisait de respecter les prescriptions de la Loi à la lettre pour être sauvé. Un exemple, il suffisait, selon eux, de payer sa dîme, de faire les autres offrandes et sacrifices d'animaux au temple pour mériter le salut ou de recevoir les grâces de Dieu, même si au fond de son coeur, on était plein de méchanceté, de haine et de rancune. Or Jésus nous dit par exemple aujourd'hui : «lorsque tu vas présenter ton offrande à l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande».(Mt 5,23-24)
Frères et sœurs, à ce niveau, ne sommes-nous pas nombreux à faire comme ces pharisiens et scribes ? Nous pratiquons le plus souvent une religion formaliste et non de cœur, et sans amour. Nous allons à l'église, nous recevons même les sacrements, nous faisons parfois des grands dons, et toutes sortes de pénitences, pourtant notre cœur est rempli de haine, de méchanceté, de jalousie et d'orgueil. C'est ça l'hypocrisie des pharisiens, dont Jésus parle dans l'évangile de ce jour. Que le Sgr nous donne en ce jour, sa sagesse pour savoir toujours faire un bon usage de notre liberté et pour mener un ne vie de foi qui lui plaise.
Padre Armand, sac!!!
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