Genèse 12,1-4
Ps 32(33)
Timothée 1,8b-10
Matthieu 17,1-9

Carême, temps de transfiguration 

Chers frères et sœurs, dimanche dernier, nous étions au désert avec Jésus, lieu de tentations par excellence. Et nous prenions alors l'engagement, qu'à sa suite, nous allons apprendre à lutter et à vaincre nos propres tentations.
Aujourd'hui, avec l'événement de la transfiguration, nous sommes invités en ce temps de carême, à monter avec Jésus sur la montagne pour prier. En effet, dans la foi juive, la montagne est le lieu de la rencontre avec Dieu, le lieu de la présence de Dieu. Par le passé, nous nous souvenons que Moïse a eu la Révélation du Dieu de l'Alliance et avait reçu les tables de la Loi sur la montagne du Sinaï. Sur la même montagne, le prophète Élie avait eu la Révélation du Dieu de tendresse dans la brise légère, alors qu'il fuyait la vengeance de la reine Jezabel. Moïse et Élie qui apparaissent sur la scène de ce jour, sont les deux colonnes de la foi juive, de l'Ancien Testament ; l'un et l'autre représentent la Loi et les Prophètes, qui forment le socle sur lequel cette foi est fondée et transmise.


A la question, pourquoi Jésus amène-t-il à l'écart, sur cette montagne, ses trois intimes : Pierre, Jacques et Jean ? La raison pourrait être l'affermissement de leur foi. En effet, Jésus voulait certainement les préparer à rester forts et fidèles à leur engagement à sa suite, malgré le scandale de sa passion qu'ils allaient vivre durant les évènements du vendredi saint. Comme par anticipation, il a voulu leur montrer son vrai visage, sa vraie destinée, qui va au-delà de la souffrance qu'il allait endurer ; et que sa vraie destinée et la nôtre, c'est cette gloire anticipée du ciel, qu'ils sont en train d'expérimenter. Car en lui et avec lui, la souffrance, les épreuves n'ont pas le dernier mot sur nous.
En conséquence, quand nous subissions de terribles épreuves, qui peuvent véritablement ébranler les fondements même de notre foi : par exemple, la perte d'un être cher, la perte d'un travail, une grave maladie, un divorce, l'échec dans un projet dont nous avons mis tout notre espoir, bref une situation qui nous fait douter de l'amour de Dieu, de sa présence dans notre vie, retenons que notre vie ne se résume pas à ces épreuves-là. Elles peuvent être juste un moment de notre vie, qui peut nous réserver par derrière de grandes choses. Elles peuvent aussi être un moment de purification et de maturation de notre foi, et même de grande décision et d'orientation nouvelle pour notre vie. Oui, l'épreuve, quelque soit sa violence, sa force, elle ne doit en rien nous terrasser, si nous restons accrochés sur Jésus notre sauveur.
Frères et sœurs, le carême est un temps de mise à l'écart avec Jésus, où nous nous coupons un peu de la routine et de la monotonie de la vie ordinaire. Et à travers toutes les activités spirituelles que l'Eglise nous propose, nous devons, à la fin, devenir des personnes nouvelles, c'est-à-dire transfigurées, pas extérieurement, mais intérieurement ; pour devenir enfin des personnes agréables à Dieu et agréables à vivre avec les autres. Si non, _*à quoi nous servirait de vivre un tel temps, si après, nous continuons à être les mêmes personnes, avec les mêmes vices, les mêmes défauts, le même cœur endurci, insensible ; avec la même agressivité, la même insolence, la même frivolité, le même esprit de Bacchus, de kongossa, etc ?
Frères et sœurs, la parole de Dieu de ce jour nous invite aussi à avoir la foi, la vraie, celle qui poussa Abraham, notre père dans la foi, à s'engager dans une aventure, dont il ne connaissait pas tous les tenants et les aboutissants. Un vieillard sans enfant aurait eu toutes les bonnes raisons de douter de cette promesse invraisemblable à lui faite par Dieu. Mais puisque c'est Dieu qui l'y invitait, il s'engagea tout de suite sans se poser des questions, pour chercher à bien comprendre. Son seul appuie, sa seule certitude était la parole que Dieu lui avait donnée : «En ces jours-là, le Sgr dit à Abram : Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai je rendrai grand ton nom et tu deviendras une bénédiction» (Gn 12,1-2).
Dans un monde confronté aux crises multiples : sécuritaire, humanitaire, climatique, alimentaire, quelle doit être notre attitude comme chrétiens ? Le psalmiste de ce jour, nous révèle ce que l'action de Dieu sur les siens: «Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine. Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. Que ton amour, Sgr, soit sur nous, comme notre espoir est en toi»(Ps 32(33), 18-22). Ces paroles peuvent devenir la prière de chacun en ce moment de grande inquiétude.
Demandons au Seigneur en ce jour, la grâce d'une confiance en son amour, qui chasse en nous, toute peur et nous donne de l'assurance en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance, car nous sommes des personnes sauvées en Jésus-Christ.
Padre Armand, sac!!!
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