Ezekiel 37,12-14
Ps 129(130),1-8
Romains 8,8-11
Jean 11,1-45

 «Moi, je suis la résurrection et la Vie»
Chers frères et sœurs, la foi chrétienne prend sa source dans l'événement de la résurrection de notre Sgr JC ; sans elle, tout l'édifice de notre foi s'écroule comme un château de cartes ; sans elle encore, comme le dira saint Paul, notre foi est vaine.
Jésus en faisant revenir Lazare à la vie, quatre jours après qu'il soit mort, (car en vérité on ne peut pas parler de résurrection comme celle de Jésus, puisque Lazare mourra une seconde fois), il a voulu anticiper sa propre résurrection, préfigurant par le fait même la nôtre aussi. Par ailleurs, Jésus par ce miracle, a voulu manifester au monde, qu'il est désormais celui en qui nous avons la vie sans fin et en qui nous pouvons croire, c'est-à-dire il est celui sur qui nous pouvons miser notre vie présente et future. Désormais en Jésus-Christ et avec lui, pour tous ceux qui croient et mettent leur espérance en lui, ils ne mourront plus jamais (Jn 11,26). En lui et avec lui, la mort biologique n'est plus la fin de tout ; elle est plutôt une porte qui s'ouvre pour donner accès à la vie, celle qui ne finit pas.

Frères et sœurs, face au grand mystère de la mort, qui reste une véritable hantise pour nous, que même notre foi n'arrive pas à dissiper totalement, une seule chose s'impose à nous : faire confiance totalement en la parole de Jésus. Et saint Paul, dans la 2e lecture, nous donne une raison fondamentale pour celà. En effet, puisque nous avons reçu l'Esprit du Christ en nous, le jour de notre baptême alors, «si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d'entre les morts, donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous»(Rm8,11). Dès lors, le sacrement de baptême devient ainsi, le lien qui nous unis au Christ.
Toutefois, il n'est pas suffisant, car il faut encore que nous soyons ses témoins en actes et en paroles en ce monde. Il faut encore, comme le dit saint Paul, ne pas vivre selon la chair. Car,«ceux qui sont sous l'emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu»(Rm 8,8). Ainsi donc, croire en Jésus ressuscité, c'est tourner le dos à toutes les formes de mal, à toutes les situations qui peuvent chosifier et avilir les autres. Croire en Jésus ressuscité, c'est choisir de suivre le chemin de l'amour qui élève, valorise et donne la vie aux autres et non les détruit. 
Pour finir, nous ne pouvons pas parler de cet événement du retour à la vie de Lazare, sans s'interroger sur l'attitude et la réaction de Jésus au moment où il reçoit l'annonce de la maladie de son ami. Saint Jean nous dit qu'il ne va pas se mettre en route tout de suite, il restera encore deux jours sur place. Et c'est quatre jours après qu'il arrivera à Béthanie. On pourrait penser dans un premier temps, que Jésus a été insensible, indifférent, en ne se hâtant pas au chevet de son ami ; mais saint Jean nous dit que si Jésus a laissé mourir Lazare, c'était pour qu'à partir de ce malheur, la gloire de Dieu soit manifestée.
Frères et sœurs, face à certaines situations difficiles dans notre vie, des épreuves insupportables, des injustices inadmissibles, par exemple quand les puissants écrasent, exploitent abusivement les faibles, on se demande souvent où est-il ce Dieu qui a promis d'être toujours là aux côtés de ceux qui espèrent en lui ?
Pourquoi n'intervient-il pas, alors que, comme Marthe et Marie, nous lui avons déjà parlé de ces malheurs, de ces guerres, de ces injustices, de ces épreuves qui nous accablent ? Il faut retenir une seule chose : Dieu a son heure d'action, son heure de gloire, de bénédiction, de salut pour chacun de nous.
On a parfois vu dans les évangiles, Jésus agir spontanément face à une situation de détresse qui lui a été présentée, on l'a aussi vu résister et refuser d'agir sur le champ. Tout cela participe du mystère de Dieu, qui lui seul sait pourquoi, quand, où et comment il doit agir. Ce qu'il exige de nous, c'est seulement de croire en lui, de lui faire confiance et c'est cela la foi.
Sachons-le, Dieu ne se laisse pas posséder et ne veut pas être enfermé dans nos bons vouloir ; sa souveraineté échappera toujours à notre contrôle. Il n'est pas Dieu pour satisfaire nos petits besoins, quand nous le désirons, mais il est un Dieu qui a un projet pour chacun de ses enfants que nous sommes. Ce projet, c'est celui de nous sauver, de nous avoir avec lui au terme de notre vie terrestre. Le plus important alors, c'est de savoir qu'il n'abandonne pas ses amis, ceux qui croient et espèrent en son amour.
Ce dimanche, frères et sœurs, recommandons à la miséricorde de Dieu, tous nos défunts, afin qu'il leur ouvre grandement les portes de sa maison.
Un très bon dimanche à tous dans le Christ Jésus notre Seigneur.
 Padre Armand, sac !!!
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