Évangile des Rameaux Matthieu 26,14-27.66
Isaïe 50, 4-7
Ps 21(22)
Philippiens 2,6-11

Avec le Christ, tenons fermes dans notre foi 

Chers frères et sœurs, au moment où nous célébrons ce dimanche des Rameaux et de la passion, qui marque l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, où il va se donner jusqu'au sacrifice suprême de sa vie, pour que nous ayons la vie, nous voulons, nous unir spirituellement à lui pour revivre cette immersion aux sources de notre foi.
Comme avec le prophète Isaïe qui écrit à ses contemporains en exil à Babylone, pour les réconforter et les inviter à garder le moral et à tenir bon dans l'adversité, car le Sgr ne les a pas abandonnés, c'est le même état d'esprit que nous devons avoir, en ce moment où nous entamons cette dernière étape de notre montée vers Pâques. Ils sont nombreux, au regard de leurs situations existentielles difficiles, qui ont besoin d'entendre cette parole d'espérance, car la tentation est parfois grande de reprendre ce cri de "désespoir" du psalmiste de ce jour, devenu célèbre, puisqu'ayant été repris par Jésus lui-même en croix : "Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?"

Cette question est devenue celle de beaucoup d'hommes et de femmes de notre temps. Ceux qui peuvent avoir l'impression qu'ils sont abandonnés à eux-mêmes et que même Dieu ne voit plus leur situation. Mais contrairement à ce qu'on a toujours pensé, ce cris n'est pas une parole de désespoir total, ni un sentiment d'abandon, sauf si on la sort de son contexte et qu'on ne lit pas le psaume en entier. En réalité, ce psaume, se termine par une action de grâce que ce serviteur, qui n'est autre que le peuple d'Israël, se souvenant de la douleur du passé, du silence apparent de Dieu, face à l'oppression de ses ennemis, avait néanmoins continué à prier.
Ainsi, malgré la longue épreuve de l'exil qui a duré une cinquantaine d'années, Israël n'a jamais perdu sa foi, la foi de ses pères. Et au fond de son épreuve, il va faire l'expérience de la proximité de ce Dieu qui sauve et délivre : «Mais toi, Sgr, ne sois pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide ! Tu m'as répondu ! Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée» (Ps 21(22),20-22).
Alors, nous tous qui traversons des moments difficiles en ce moment, nous devons aller à l'école du peuple d'Israël, qui a su garder confiance, et a continué à prier son Dieu, jusqu'à ce qu'il vienne à son secours. Oui, continuons nous aussi à mettre notre confiance en lui, lui qui nous sauve toujours de tous nos malheurs. Il ne nous a pas abandonnés, il est avec nous dans nos épreuves quotidiennes. Soyons des chrétiens confiants et surtout constants dans leur foi, et qui savent en qui ils ont mis leur espérance.
Ne soyons pas versatiles comme ces foules, qui aujourd'hui, crient hosanna, mais le vendredi saint, ne vont plus reconnaître Jésus, au point de le renier et réclamer sa mort. Sachons-le, c'est aussi au moment des épreuves que nous devons et surtout renouveler et réaffirmer notre foi en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous. C'est ce que lui-même a fait, il s'est abandonné avec confiance entre les mains de son Père, qui le ressuscitera d'entre les morts. Israël, parce qu'il aura tenu bon durant son temps d'exil, sera comme ressuscité aussi, car il sera délivré par Dieu. Avec le Christ à nos côtés, tenons fermes dans notre foi, Dieu est toujours un Dieu fidèle.
Frères et sœurs, parmi tous les évangélistes, Mathieu est le seul, durant la passion du Christ, qui nous rapporte le geste de lavement des mains de Pilate, qui voyant que ses efforts de vouloir relâcher Jésus, ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte de la foule, prit l'eau et se lava les mains devant la foule, en disant :«Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde».
Une lecture spirituelle de ce geste aujourd'hui, nous invite à dire qu'en ce début de semaine sainte, nous devons chercher plutôt à laver nos cœurs. Nous devons les laver, les purifier dans le sacrement de réconciliation, et aussi par les démarches de réconciliation diverses vis-à-vis de nos frères et sœurs, pour enlever toute la haine, la colère, la jalousie, l'envie, les ragots, la méchanceté, l'égoïsme, l'indifférence, le désespoir, qui peuvent gravement nuire à nos relations interpersonnelles et celle avec notre Dieu également, afin de laisser place, à la pureté de l'amour, à la paix, à la joie, au bonheur d'être avec les autres, et à la confiance d'être unis à notre Dieu.
Terminons par cette petite prière : Sgr Jésus, au moment où nous montons avec toi à Jérusalem où tu vas te sacrifier pour nous, rends-nous forts et confiants dans la foi, même quand les épreuves peuvent nous amener à nous détourner de toi, à te trahir, à te renier, à t'abandonner, et à sombrer dans le désespoir total, car en toi seul est la source de la vie, celle qui ne finie pas. 
Bonne montée vers Pâques avec notre Sgr Jésus Christ.
Padre Armand, sac!!!
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