Actes 6,1-7
Ps 32(33)
1Pierrre 2,4-9
Jean 14,1-12

Jésus, la pierre angulaire de notre vie"
Frères et sœurs, saint Pierre Dans la 2e lecture, nous dit que Jésus est la pierre rejetée par les hommes, mais qui est devenue la pierre d'angle, choisie par Dieu pour bâtir l'édifice de son royaume. Ainsi donc, nous les chrétiens, nous devons faire de Jésus la pierre angulaire de notre vie. Et le chrétien qui fait un tel choix, en réalité n'est plus n'importe qui. Car, il devient un être différent des autres personnes, dans tout ce qu'il fait et dit. Nous nous souvenons pour cela par exemple, des paroles de Saint Paul aux Thessaloniciens, qui montrent cette différence qui existe entre nous chrétiens et les autres : «Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort, afin que vous ne soyez pas abattus comme les autres qui n'ont pas d'espérance» (1Th 4,13). Saint Pierre aujourd'hui, dans le même sens, nous rappelle qui nous sommes réellement : «Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut» (1 2,9).

Frères et sœurs, le chrétien, parce qu'il est différent des autres, ne doit plus parler n'importe comment, ni faire n'importe quoi ; il ne peut plus se retrouver n'importe où, ni croire à tout ce qu'on lui propose comme solution pour ses problèmes existentiels.
Mais alors, sommes-nous vraiment convaincus de ce statut particulier qui fait de nous des personnes uniques et différentes des autres, du fait que nous avons fait de Jésus, pierre angulaire de notre vie ? En effet, si Jésus était vraiment la pierre angulaire de notre vie, comment comprendre qu'à la moindre épreuve, nous sombrons dans le désespoir, nous paniquons au point de perdre tous les repères, et on se retrouve à embrasser toutes les propositions qui nous sont faites, sans discernement, pour voir si elles sont en accord avec notre foi ? Si le Christ était vraiment la pierre angulaire de notre vie, comment comprendre que nous ne soyons pas capables de tenir fermes et forts, et de résister à certaines propositions de ce monde, pouvant nous conduire à la compromission de notre liberté, de nos valeurs, de nos convictions ? Comment comprendre que notre foi au Christ ne soit pas en mesure de nous rendre assez sensible, assez humain, compatissant face à la souffrance et à la misère des autres ? Comment comprendre que notre foi au Christ ne soit pas capable de nous faire faire des bons choix, de nous faire dire des bonnes paroles aux autres ?
Frères et sœurs, quand le Christ est notre pierre angulaire, cela doit se ressentir dans tout ce que nous faisons, dans notre manière de vivre, dans la façon dont nous cherchons les solutions aux problèmes qui surviennent dans notre vie. Nous le voyons dans la 1ère lecture, avec les apôtres qui trouvent une solution à la grave crise qui menaçait l'unité de la 1ère communauté chrétienne de Jérusalem.
En effet, la jeune communauté voit entrer en son sein les chrétiens de tout bord, donc les deux grands groupes étaient les judéo-chrétiens et les pagano-chrétiens (ceux venant de la culture grecque). La cohabitation va s'avérer difficile et les injustices vont naître, surtout au niveau du partage des repas. Les veuves du groupe des pagano-chrétiens se sentaient lésées, et cette situation provoque des grandes dissensions. Une fois que l'affaire est portée à la connaissance des apôtres, ces derniers vont convoquer une assemblée, ce que la Tradition appelle, le 1er Concile de Jérusalem), pour trouver une solution à cette crise. Et dans la foi, ils vont la résoudre en instituant un nouveau ministère qui n'existait pas jusque-là, à savoir la diaconie.
Cet épisode de la vie des premiers chrétiens nous enseigne au moins deux choses. Nous constatons d'abord que nous ne pouvons pas éviter que les problèmes surviennent dans la vie, sociétale ou familiale ; mais quand ils arrivent, notre foi doit nous aider à les résoudre, dans le dialogue, sans grands bruits ou scandales. Cette crise nous apprend aussi que, les besoins spirituels sont plus importants que ceux matériels. Les apôtres le font clairement savoir, car ils estiment qu'ils ne peuvent pas délaisser l'annonce de la Bonne Nouvelle pour les questions de nourriture (Ac 6,2). Jésus l'avait déjà dit au diable au désert, que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Mr 4,4).
En effet, l'horizon de la vie du chrétien est céleste. Voilà pourquoi il doit mener sa vie pour préparer son entrée dans la maison du Père, où Jésus notre pierre angulaire, est allé nous préparer les places. Et là où la quête des biens matériels prime sur les besoins spirituels, naissent toujours beaucoup d'injustices, beaucoup de méchancetés ; il n'y a qu'à voir la vie dans certaines familles qui s'entretuent pour les questions d'héritage.
Prions le Seigneur Jésus, notre pierre angulaire, de faire de nous des chrétiens au regard neuf et aux aspirations qui dépassent largement l'horizon de notre existence terrestre.
Un très bon dimanche à tous dans le Christ ressuscité.
Padre Armand, sac!!!
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