Actes 1,12-14
Ps 26(27)
1Pierre 4,13-16
Jean 17,1b-11a
"Comme avec Marie, au Cénacle avec les apôtres, soyons toujours en prière"
Chers frères et sœurs, ce dimanche qui se situe entre l'Ascension et la Pentecôte, peut être considéré comme le dimanche de l'attente dans la foi et la prière des dons de Dieu. Jésus est retourné vers son Père, et il a donné comme consigne à ses disciples, d'aller attendre la venue du Paraclet qu'il leur enverra d'auprès du Père.
Au Cénacle donc, avec Marie, ils vont se mettre en prière ; c'est depuis lors que nous est née l'expérience de la neuvaine, qui est une prière de 9 jours d'affilés sans interruption, dans l'attente d'une grâce spéciale qu'on demande au Sgr. Depuis lors, de plus en plus de chrétiens ont adopté cette façon de prier. Cependant, il faut préciser que, faire une neuvaine n'est pas quelque chose de magique, ou l'exaucement de notre prière serait automatique. Faire une neuvaine nécessite au préalable une attitude de foi et de confiance en la puissance divine. Elle implique aussi un bon conditionnement spirituel nécessaire, fondée sur une hygiène de vie de foi conforme à la volonté de Dieu.
Selon une vieille tradition ecclésiale, les chrétiens, se reconnaissant parfois indignes de confier directement leurs prières à Dieu, soit à cause d'une grande conscience de leur état de pécheurs, ont souvent compté sur l'intercession des saints, c-d ces croyants qui vivent déjà dans l'intimité de Dieu, et qui peuvent donc intervenir favorablement pour eux auprès de lui. Et la 1ère sur qui, depuis l'origine, les chrétiens ont toujours confié leurs prières, est la sainte Vierge Marie, la mère de notre Sgr JC. Chose tout à fait logique, car elle occupe une place spéciale dans le cœur de Dieu et entretient une relation toute particulière avec son Fils. N'hésitons donc pas de lui confier toujours nos prières.
Dans l'évangile, Jésus lui-même est en prière. Nous sommes au soir de la sainte Cène, bientôt il va se séparer de ses disciples, il prie pour ces derniers et par ricochet, pour tous ses disciples de tous les temps, parce qu'il sait que le monde dans lequel ils seront appelés à continuer sa mission, d'annonce de sa Bonne Nouvelle, est difficile et violent. Car ce monde n'est pas prêt à se détourner de ses idoles : le pouvoir, l'avoir, le savoir, les plaisirs de toute sortes. Mais pour Jésus, ce n'est pas pour autant qu'ils doivent le fuir : «Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi je viens vers toi»(Jn 17, 11b).
Avec son départ, Jésus leur passe en quelque sorte le témoin. Désormais, c'est à eux de travailler pour transformer ce monde de l'intérieur, afin qu'il devienne un monde où triomphe l'amour de Dieu, sa paix, sa justice et sa vérité. On comprend pourquoi Jésus nous avait dit que nous sommes, d'une part, le sel de la terre, pour donner de la saveur à ce monde qui devient de plus en plus insipide et sans saveur d'amour, de douceur, de compassion, au regard de l'ampleur du mal, de l'égoïsme qui abondent. Et d'autre part, nous sommes la lumière du monde, pour l'éclairer par notre témoignage de vie. Car ce monde devient de plus en plus enténébré, avec toutes les horreurs qui s'y produisent, avec la vie qui est bafouée, désacralisée, par des sacrifices humains, des tueries sauvages de toutes sortes, des pratiques contre nature et contraire à la volonté de Dieu.
C'est donc une lourde mission qui ne sera pas du tout aisée, et elle va toujours nous attirer des hostilités et des persécutions. Voilà pourquoi saint Pierre, dans la 2e lecture, s'adressant à une de ses communautés, les réconforte, et nous avec, en ces termes : «Si l'on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous. Que personne d'entre vous, en effet, n'ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur ou comme agitateur. Mais si c'est comme chrétien, qu'il n'ait pas de honte, et qu'il rende gloire à Dieu pour ce nom-là»(1P4, 14-16).
Oui frères et sœurs, soyons heureux, soyons fiers de porter ce nom de chrétien ; soyons honorés d'être disciples du Christ, de souffrir parfois pour lui. Et si nous venons à souffrir à cause des épreuves de la vie, au lieu de se révolter ou de sombrer dans le désespoir, il faut plutôt arriver à donner sens à ces souffrances, en les associant à celles qu'a enduré le Maître. Car si nous souffrons avec lui, avec lui nous régnerons.
En ce temps d'attente dans la prière, du Paraclet, de notre Défenseur, de notre Consolateur, et en comptant sur le soutien maternel de notre Mère du ciel, demandons au Sgr, d'envoyer son Esprit Saint, qu'il renouvelle aujourd'hui la face de terre, celle de nos familles, de nos communautés ecclésiales ; qu'il vienne renouveler nos vies de fonds en comble. Ô Marie, prends nos prières, purifie-les, complète-les, présente-les à ton Fils
Un très bon dimanche dans le Christ ressuscité.
Padre Armand, sac!!
_*Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.*