2Rois 4,8-11.14-16a
Ps 88(89)
Romains 6,3-5.8-11
Matthieu 10,37-42
Chers frères et sœurs, la parole de Dieu de ce jour nous invite à méditer sur les exigences de la vie chrétienne.
Jésus, dans l'évangile, nous fait entendre une succession de maximes qui à 1ère vue, n'ont aucun lien entre elles, mais en les regardant de plus près, elles invitent toutes à un même appel : celui des choix nécessaires à faire et des renoncements exigés par fidélité à l'évangile du Christ.
Jésus, dès l'entame, nous dit : «Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi, n'est pas digne de moi» (Mt 10,37). Pour la petite anecdote, un jour, un catéchiste me posait cette question à propos de cette parole du Christ : «Mon père, comment voulez-vous qu'on explique cet évangile aux enfants du catéchisme alors qu'on leur demande de vivre en paix à la maison et de respecter leurs parents ? Comment Jésus peut nous mettre ainsi en rivalité avec nos parents, nos frères et sœurs, nos enfants, lui le messager de la paix ?».
Frères et sœurs, comme ce catéchiste, nous sommes certainement nombreux à nous poser ce genre de question. Alors il est important de dire tout de suite qu'avec la Bible, il faut éviter de la lire de manière littérale. Il faut toujours et d'abord chercher à connaître le contexte dans lequel une parole biblique a été dite, ainsi allons-nous éviter à chaque fois, une compréhension erronée de ce que l'auteur sacré voulait réellement dire. Ceci dit, Jésus qui est Dieu, et qui nous enseigne le respect des commandements de Dieu, ne peut plus nous dire de les violer, car en Dieu il n'y a point de contradiction.
Il faut tout simplement dire que, le contexte dans lequel Matthieu écrit son évangile est celui des persécutions des premiers chrétiens. Et comme avec toutes les époques des persécutions, il y a des choix difficiles à faire pour ceux qui sont persécutés : rester fidèle à sa foi, ce qui implique, accepter la souffrance et parfois la mort ; ou alors renier sa foi et préserver sa vie. C'est donc dans ce contexte que Jésus, dit à chacun d'entre nous : si tu veux garder ta vie, tes privilèges, tes acquis, si tu veux préserver ton image, ton confort, si tu as honte ou peur d'affirmer ta foi en lui, alors tu n'es pas digne de lui. En un mot, Jésus nous invite à avoir un amour préférentiel pour lui. Rien dans notre vie, ni personne, ni quoi que ce soit ne doit avoir la 1ère place dans notre cœur que lui. Alors à l'état actuel des choses, est-ce que j'accorde vraiment à Dieu, en tout temps et en toute circonstance, cette place privilégiée ? Et comment cela est-il visible concrètement ? Y-a-t-il dans ma vie quelqu'un ou quelque chose qui empêche Dieu d'occuper cette place ?
Frères et sœurs, la parole de Dieu de ce dimanche nous montre aussi que, l'hospitalité peut être une source de bénédictions de la part de Dieu. C'est ce que nous voyons dans la 1ère lecture avec la belle histoire d'amitié qui s'est liée entre le prophète Elisée et cette femme riche du pays de Sunam. En effet, cette dernière, qui vivait avec son mari et n'avait pas eu la grâce d'avoir un enfant, va accorder un accueil favorable à l'homme de Dieu qui avait l'habitude de passer par là. Et en retour, devant cette grande générosité et cette hospitalité, le prophète lui fait la promesse d'un enfant :«A cette même époque, au temps fixé pour la naissance, tu tiendras un fils dans tes bras»(2R 416a). Saint Jean-Paul II disait : «Le bien que l'on fait, le ciel le rend. Le bien que l'on garde la terre le prend. On ne donne jamais rien sans l'avoir reçu et tout ce qui n'est pas donné se perd». Le bien appelle le bien, et un cœur généreux attire la grâce de Dieu vers lui.
Jésus en envoyant ses disciples en mission leur dit : «Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d'eau fraîche, à l'un de ces petits en sa qualité de disciple, Amen, je vous le dit : non, il ne perdra pas sa récompense»(Mt 10, 40-42). De plus, ce qui est encore très intéressant dans ces promesses de bénédictions, ce n'est pas tant la quantité de ce que l'on donne, mais plutôt la qualité ; qui est traduite ici par (un verre d'eau fraîche). La qualité d'eau à donner est donc importante, pas une eau qui donnera les amibes, mais qui va vraiment étancher la soif. Cela revient à dire qu'il faut soigner notre manière de faire le bien.
La femme de Sunam (sans nom, comme pour dire que chacun peut s'identifier à elle) l'a bien compris, et va expérimenter le caractère performatif de la parole de Dieu, qui va réaliser ce qu'elle dit. A chacun d'entre nous, au nom de sa foi, d'en faire désormais autant.
Un très bon dimanche dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Padre Armand, sac!!
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