Zacharie 9,9-10
Ps 144(145)
Romains 8,9.11-13
Matthieu 11,25-30

Humilité et réconfort
Chers frères et sœurs, des textes de ce jour, deux mots retiennent notre attention : l'humilité et le réconfort. Tout d'abord l'humilité : elle est la clé qui nous ouvre les portes des mystères divins. Elle est la vertu des petites gens, qui leur permet d'être chaque fois dans des meilleures dispositions intérieures pour accueillir cette révélation. Voilà pourquoi Jésus, dans l'évangile, peut exulter : «Père, Sgr du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux touts petits»(Mt 11,25) Et qui sont-ils ces tous petits ? Ce ne sont pas les ignares, les idiots, mais plutôt ceux qui n'ont pas de pouvoir au sens mondain du terme, et qui subissent plutôt celui des autres ; il s'agit de ceux pour qui la loi imposée par les hommes, est un vrai fardeau ; ce sont aussi les sans voix, les opprimés, les rejetés. C'est donc à ceux-là, à cause de leur simplicité, leur petitesse et leur humilité, que Dieu par son Fils, se révèle comme Dieu d'amour, de douceur et de paix.


Cette révélation n'est jamais possible à celui qui entend la forcer ou l'acquérir par son seul savoir, sa seule intelligence. Est-ce à dire alors que tout effort humain et rationnel de sonder les mystères divins est inutile ? Que non ! Quand Jésus dit :«Je te béni d'avoir caché cela au sages et aux savants», cette parole ne doit pas justifier l'ignorance et le rejet d'une quête d'intelligence de Dieu, cette dernière est d'ailleurs un don de l'Esprit Saint. Mais il est plutôt question de savoir la relativiser, car toute vraie sagesse vient de Dieu, comme l'affirme le livre de Siracide : «Toute sagesse vient du Sgr, elle est près de lui à jamais»(Si 1,1). Et pour ne pas sombrer dans la tentation du savoir et du pouvoir, seule l'humilité est capable de nous aider à rester à notre place de créature.
Mais alors frères et sœurs, comme il nous est souvent difficile au quotidien d'être humble, et de le rester en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance ! Car la tentation de se prévaloir de notre pouvoir, de notre savoir, de notre avoir, nous guette toujours. Il est difficile de résister à un usage abusif de notre force, de notre pouvoir, pour se faire voir, pour tirer avantage sur les autres, pour les écraser, s'ils veulent nous résister ou s'opposer à nous.
Et se comporter ainsi, renvoie à ce que saint Paul appelle dans la 2e lecture : vivre selon la chair, qui est différent de vivre selon l'Esprit de Jésus. Pour lui, vivre selon la chair, c'est vivre sans Dieu, et donc vivre selon ses propres forces, enfermé dans les limites de son intelligence. Or vivre selon l'Esprit, c'est nous laisser guider par lui, et donc de vivre de la force de Dieu ; et cela signifie, comme dira encore saint Paul, ne plus être sous l'emprise des forces du mal, qui nous poussent souvent au mal et au péché, et du coup nous ne produisons plus les fruits attendus par Dieu. Ces fruits qui sont : joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi (Ga 5,22).
Dans l'évangile, Jésus continue son discours en nous invitant à choisir son joug, qui est facile à porter :«Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur»(Mt 11,29). Et à quoi renvoie-t-il au juste ce joug que nous devons chercher à porter ? Il est tout simplement question de sa Loi d'amour. En effet, quand Jésus lance cette invitation à ses disciples, c'est pour s'attaquer aux chefs religieux de son temps, qui imposaient au petit peuple, des lois qu'eux-mêmes ne respectaient pas. D'ailleurs il le dit très bien :«Les scribes et les pharisiens siègent sur la chaire de Moïse...ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes alors qu'eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt»(Mt 23,2.4).
Ces chefs religieux avaient réussi à formuler, à côté des dix commandements de Dieu, 613 autres préceptes qu'il fallait respecter à la lettre. Or Jésus vient résumer toute la loi et les prophètes en un seul commandement, décliné en deux facettes : l'amour de Dieu et l'amour des hommes. Jésus est donc celui qui vient soulager nos peines, nos misères ; il redonne espoir quand le fardeau de la vie devient très lourd à porter. Il nous apporte ainsi son réconfort :«Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos»(Mt 11,28).
L'Eglise du Christ et ses pasteurs sont là pour nous apporter ce réconfort de Jésus. Car l'expérience a montré que, la simple écoute quand on va voir un prêtre, une bonne adoration au saint sacrement, des moments de prières personnelles ou en groupe, le sacrement de la réconciliation, la méditation silencieuse de la parole de Dieu, peuvent être autant de moments et de moyens pour sentir ce réconfort que Jésus nous apporte.
Que le Sgr nous donne alors la grâce d'être des verres à moitié plein ou à moitié vide, pour être dans des meilleures dispositions intérieures pour recevoir ses grâces qu'il nous donne à profusion.
Un très bon dimanche à tous dans la paix du Christ notre Seigneur.
Padre Armand, sac!
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