Isaïe 56,1.6-7
Ps 66(77)
Romains 11,13-15.29-32
Matthieu 15,21-28

La foi au Dieu unique, ouverte à tous
Tel peut être frères et sœurs, le résumé des textes soumis à notre méditation ce dimanche.
Dans la 1ère lecture, une étape est franchie avec le peuple d'Israël, dans l'ouverture de la foi au Dieu unique, aux autres peuples.
Nous le savons, Israël a été choisi par Dieu pour être le peuple élu, mais pas le peuple unique. Peuple élu, comme frère aîné dans la foi, pour être la locomotive qui conduirait les autres peuples à l'Alliance avec le Dieu unique.

Après l'exil à Babylon, qui a duré 50 ans, au moment du retour des exilés en terre d'Israël, il se trouve qu'il y avait déjà d'autres peuples étrangers qui avaient été eux aussi déportés là, et qui avaient commencé à fréquenter les synagogues.
Or par leur naissance, ces étrangers ne font pas partie du peuple élu et donc de la religion juive. Ces juifs revenus de l'exil étaient jaloux de leur élection divine, qu'ils n'entendaient partager avec d'autres. Ces étrangers qui frappaient à la porte des synagogues, s'inquiétaient du retour des exilés, qui pouvaient les mettre dehors. Deux camps s'étaient donc formés dans le peuple juif : les tenants de l'ouverture aux étrangers et les tenants de la ligne dure, de la sauvegarde de l'identité juive, qui ne devait pas se mélanger avec les étrangers.
Les deux camps iront trouver le prophète pour son avis, et celui-ci va édicter de la part de Dieu, une règle pratique, qui ne sera pas du goût de tout le monde, car la décision qu'il va prendre est celle de l'ouverture : «Ainsi parle le Sgr ... les étrangers qui se sont attachés au Sgr pour l'honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et tiennent ferme à mon Alliance, je les conduirai à ma montagne sainte, je les comblerai de joie dans ma maison de prière, leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel»(Is 56,6-7).
Un grand pas venait d'être franchi. La foi au Dieu unique n'est plus l'apanage du seul peuple d'Israël, même les non juifs y ont désormais accès. Cette ouverture, continuera de s'opérer au fil des siècles, jusqu'à l'avènement du Fils de Dieu en personne, lui la révélation ultime de Dieu aux hommes.
L'évangile de ce jour, s'inscrit donc dans cette même logique d'ouverture de la foi au Dieu unique, aux étrangers. Dans cette scène, nous voyons les trois vertus théologales se manifester : la Foi, l'Espérance et la Charité.
D'abord avec la Foi, l'évangile nous dit que Jésus est allé dans un territoire hors d'Israël, et là une femme de ces territoires l'aborde, pour solliciter son aide pour la guérison de sa fille. L'attitude de cette Cananéenne met en lumière une caractéristique essentielle de la foi, à savoir la persévérance. Dans cette scène, elle fait face à quatre obstacles au moins, qu'elle réussit à surmonter. Le silence de Jésus face à ses interpellations, l'hostilité des apôtres, la première réponse de Jésus qui lui dit qu'il est d'abord venu pour les brebis d'Israël et enfin la deuxième réponse de Jésus qui lui dit qu'il ne faut pas donner le pain des enfants aux petits chiens.
Malgré ces résistances, ces obstacles, elle persiste, elle insiste, elle persévère et finit par être exaucée. Elle devient alors le modèle de la foi qui ne baisse pas les bras. Sommes-nous capables comme elle de tenir dans la durée, sans baisser les bras dans notre vie de foi, quand on connaît notre impatience à être exaucée, notre facilité à sombrer dans le désespoir, ou à chercher des solutions faciles et rapides pour obtenir ce que nous voulons ?
L'Espérance qui peut être définie comme la foi conjuguée au futur, est visible ici dans l'attitude même de cette femme, qui continue d'espérer que Jésus est capable de sauver sa fille.
Quant à la Charité, on constate que si cette femme à la force de persister et d'insister dans sa démarche, et de supporter l'insupportable, si c'était l'un de nous, c'est par amour pour sa fille qu'elle veut absolument voir retrouver la guérison. Et ce n'est pas une surprise, car on le sait bien, qu'est-ce qu'une mère ne ferait pas, n'accepterait pas de subir par amour pour son enfant ? Cette femme est le modèle de toutes ces mères qui font le nécessaire, voire l'impossible pour le bonheur et la réussite de leurs enfants. Force et bénédiction à toutes ces mamans, qui comme cette femme, œuvrent de toutes leur force pour la réussite de leur progéniture.
Demandons donc au Sgr ce dimanche de nous donner une foi persévérante, audacieuse, humble, qui est nourrie par un amour inconditionnel et portée par une espérance qui ne désespère point. La foi ne va pas sans l'amour et vice versa. Le catéchisme de l'Eglise ne nous enseigne-t-il pas que sans ces trois Vertus théologales, nul ne peut être sauvé!.
Un très bon dimanche dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Padre Armand, sac
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