Ezéchiel 18,25-28
Ps 24(25)
Philippiens 2,1-11
Matthieu 21, 28-3
"Persévérance et conversion"
Frères et sœurs, il y a une belle continuité entre la parole de Dieu de ce jour et celle dimanche dernier. Et quatre points peuvent guider notre méditation. Premièrement, le prophète Ezéchiel, nous aide à mieux comprendre le sens réel de la justice divine.
Ezéchiel, contrairement à la loi de rétribution qui était admise en Israël, et même chez beaucoup de nos contemporains, vient nous dire, qu'on ne paie pas les fautes de ceux qui nous ont précédés, car chacun est rétribué selon sa propre conduite. C'est donc à chacun de revenir sur le droit chemin, pour ne pas subir les conséquences de ses actes. «Si le méchant se détourne de sa méchanceté, s'il se met à pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie...»(Ez 18, 27).
Après Ezéchiel, plus tard, on découvrira encore, avec l'histoire de Job, qui a connu tous les malheurs sans avoir transgressé la loi du Sgr, ou celle de l'aveugle-né (Jn 9,1-3), qu'on souffre, pas parce que Dieu nous aurait punit, mais parce que le mal reste un mystère, et que parfois c'est un moyen pour Dieu de manifester sa gloire à travers notre mal, notre souffrance*_
Deuxièmement, cette parole du prophète Ezéchiel nous interpelle vivement sur l'urgence de la conversion. Et c'est une véritable Bonne Nouvelle, de savoir qu'avec Dieu, il n'est jamais trop tard, pour revenir vers lui, et ceci peu importe l'heure, comme on l'a vu dimanche dernier avec les ouvriers de la dernière heure.
Avec Dieu, un avenir est toujours possible, rien n'est jamais définitivement joué. Il n'est donc pas question de sombrer dans le désespoir, et de se dire comme on entend souvent "ma vie ne vaut plus la peine, j'ai trop péché, je crois que Dieu ne peut plus rien pour moi, etc."
En vérité frères et sœurs, si demain nous ne serons pas sauvés, c'est-à-dire si nous n'aurons pas cette grâce de partager éternellement sa vie à laquelle il nous destine, la faute ne sera jamais à lui, mais à nous-mêmes. Car du côté de Dieu, ses bras sont toujours ouverts pour nous accueillir en bon père, comme dans la parabole du fils prodigue, car à ses yeux personne n'est un condamné à mort.
Troisièmement, la parole du prophète nous invite à rester fidèles et persévérants jusqu'au bout, sur le chemin de la justice, de l'amour, de la paix, de la miséricorde ; bref sur celui de notre témoignage de vie chrétienne ; pour ne pas commencer à mal agir, à être des personnes désagréables, fausses, injustes, insensibles, car l'avertissement du prophète est clair : «Si le juste se détourne de sa justice, commet le mal, et meurt dans cet état, c'est à cause de son mal qu'il mourra»(Ez 18,26).
A partir de là, tout l'enjeu de notre vie de croyant est donc de mourir en étant en de grâce et non de péché. D'où tout l'accompagnement spirituel que l'Église accorde aux malades et aux mourants. Ainsi par cette parole du prophète, nous sommes invités à ne pas cesser de faire le bien, à aider, à être vrai, juste, honnêtes, quels que soient les obstacles et les persécutions, ou les ingratitudes.
Dans le même sens, nous n'avons pas à céder à la paresse spirituelle. Car des fois, on entend dire de certaines chrétiens : "j'ai déjà fais trop de messes, je me suis déjà trop confessé, j'ai déjà trop donné de mon temps, de mes moyens à l'Eglise, aux autres, à ma famille, j'arrête un peu jusque-là, que les autres aussi le fassent ". Raisonner ainsi, c'est comme si nous agissions pour rechercher de la reconnaissance, même si nous reconnaissons qu'elle peut faire du bien au moral, qu'elle peut pousser à faire davantage. Néanmoins, retenons que nous devons à chaque fois, agir pour faire la volonté de Dieu et chercher à lui plaire, et pour le salut de notre âme. Et c'est pour ne pas céder à ce genre de tentation, que le prophète Ezéchiel nous interpelle aujourd'hui, car en vérité, nous ne ferons jamais assez pour le salut de nos âmes.
Et comme on l'a vu dimanche dernier, avec Dieu et en amour, on ne compte pas ce qu'on a déjà fait, on fait ce qu'on a à faire, parce que c'est bien de le faire et parce que nous sommes de bonnes personnes.
Quatrièmement, à travers l'histoire des deux fils de l'évangile, nous sommes invités à ne pas être des croyants, qui ne se laissent plus convertir et interpellés par la parole de Dieu. Au risque de voir les non croyants et les non pratiquants nous précéder dans le royaume des cieux, comme le rappelle Jésus aux pharisiens, qui jugeaient négativement les personnes de mauvaise renommée et de mauvaise vie, à savoir les prostituées et les collecteurs d'impôts. Cette histoire nous invite à savoir respecter notre parole donnée. Que notre oui soit toujours oui.
Prions le Seigneur de nous donner la grâce d'une conversion véritable, à l'exemple du 1er fils, et surtout de persévérer jusqu'au bout dans notre vie de foi, car c'est le chemin qui nous conduira tout droit dans le royaume des cieux.
Un très bon dimanche à tous dans le Christ Jésus notre Sgr.
Padre Armand, sac
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