Exode 19,2-6a
Ps 99(100)
Romains 5,6-11
Matthieu 9,36 - 10,8

Appelés et envoyés en mission
Frères et sœurs, la parole de Dieu de ce dimanche nous invite à prendre conscience, de notre élection comme enfants de Dieu, depuis le jour de notre baptême, élection qui nous a associés à la mission de l'Église, celle d'annoncer la Bonne Nouvelle du salut a tous les hommes.
Dans l'ancienne alliance déjà, comme on le voit dans la 1ère lecture, tirée du livre de l'Exode, Dieu rappelle au peuple d'Israël, son élection comme peuple élu, non pas comme peuple unique, mais comme le peuple aîné, appelé à conduire les autres peuples dans sa grande Alliance, qu'il veut nouer avec toute l'humanité.
Dans l'évangile, Jésus choisit aussi ses douze apôtres. Et la question est : Qu'est-ce qui suscite cet appel des douze ? C'est le constat qu'il fait de la situation dans laquelle se trouve la foule qui le suit : «Voyant les foules, Jésus saisit de compassion envers elles parce qu'elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger»(Mt 9,36). C'est aussi ce regard de compassion vis-à-vis de cette foule désemparée et désespérée, qui fait dire à Jésus que la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux.
Frères et sœurs, cela fait plus de deux milles ans que Jésus a fait ce constat, et en regardant l'état actuel de notre monde, avec ses multiples souffrances et crises, ce constat est d'actualité. C'est ce qui justifie encore la pertinence de la mission de l'Eglise aujourd'hui.

Exode 34,4b-6.8-9
Cant Daniel 3,52-56
2 Corinthiens 13,11-13
Jean 3,16-18

La sainte Trinité, l'amour incarné
Frères et sœurs, s'il y a un mystère dans notre foi chrétienne qui est très difficile à cerner par notre petite intelligence, c'est bien celui de la Sainte Trinité. C'est le mystère par excellence, dont tous les autres tirent leur source. Et ce que notre logique humaine comprend quand nous évoquons ce mystère, et qui peut être une grave hérésie (une fausse doctrine), c'est de penser que nous avons à faire à trois dieux ; or il n'en n'est pas question.
Frères et sœurs, des trois religions monothéistes qui confessent l'unicité de Dieu, à savoir le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam, notre religion est la seule qui confesse un Dieu Unique, mais en trois personnes. C'est un Dieu Unique, qui en se révélant aux hommes, leur a montré trois visages de ce qu'il Est : celui du Père, comme Créateur, celui du Fils, comme Sauveur et celui de l'Esprit Saint, comme Sanctificateur. Ces personnes sont d'égales natures, mais distinctes entre elles. Le Dieu des chrétiens n'est donc pas un Dieu solitaire, mais un Dieu famille, un Dieu qui vit en relation, une relation d'amour qui unit les trois personnes entre elles.
Frères et sœurs, la foi en la Sainte Trinité ne s'intellectualise pas, mais se vit. Ainsi comme chrétiens, nous sommes appelés chaque jour à témoigner, par nos actes et nos paroles, que notre vie tire sa source dans l'amour trinitaire.

Actes 1,12-14
Ps 26(27)
1Pierre 4,13-16
Jean 17,1b-11a

"Comme avec Marie, au Cénacle avec les apôtres, soyons toujours en prière"

Chers frères et sœurs, ce dimanche qui se situe entre l'Ascension et la Pentecôte, peut être considéré comme le dimanche de l'attente dans la foi et la prière des dons de Dieu. Jésus est retourné vers son Père, et il a donné comme consigne à ses disciples, d'aller attendre la venue du Paraclet qu'il leur enverra d'auprès du Père.
Au Cénacle donc, avec Marie, ils vont se mettre en prière ; c'est depuis lors que nous est née l'expérience de la neuvaine, qui est une prière de 9 jours d'affilés sans interruption, dans l'attente d'une grâce spéciale qu'on demande au Sgr. Depuis lors, de plus en plus de chrétiens ont adopté cette façon de prier. Cependant, il faut préciser que, faire une neuvaine n'est pas quelque chose de magique, ou l'exaucement de notre prière serait automatique. Faire une neuvaine nécessite au préalable une attitude de foi et de confiance en la puissance divine. Elle implique aussi un bon conditionnement spirituel nécessaire, fondée sur une hygiène de vie de foi conforme à la volonté de Dieu.

Ac 1,1-11
Ps 46
Eph 1,17-23
Mt 28, 16-20

"Devenir responsable de notre propre salut"

Chers frères et sœurs, 40 jours après sa résurrection, l'Eglise tout entière commémore, le retour du Christ vers son Père, après avoir accompli sa mission de salut du monde. l'Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ : c'est-à-dire sa montée au ciel marque donc la fin de son séjour sur la terre, après 33 ans de vie parmi les hommes.
Et pourquoi Jésus retourne-t-il vers son Père ? Ne pouvait-il pas continuer à demeurer en ce monde, auprès de ses disciples de tous les temps ? Nous savons que Jésus était en mission, et comme dans toutes les missions, il y a un début et une fin. Jésus devait donc retourner auprès de son Père pour lui rendre compte de cette mission qu'il est venu accomplir sur terre.
Aussi, faut-il dire que par son Ascension, Jésus veut nous rendre responsables de notre propre salut. Comme avec tout parent, qui met un enfant au monde, à l'âge de sa maturité, le parent veut le voir assumer son existence, voler de ses propres ailes, vivre de sa propre vie. C'est de la même manière que Jésus devait se séparer de ses disciples et de nous, afin que par nous-mêmes, sous la mouvance du Paraclet (qui doit nous conduire dans la vérité tout entière), et qu'il devait nous envoyer auprès du Père, nous prenions notre destin en main, après nous avoir donné tous les moyens nécessaires pour nous sauver.

Actes 8,5-8.14-17
Ps 65(66)
1Pierre 3,15-18
Jean 14,15-21

"D'un mal, Dieu peut tirer un grand bien"
Tel est l'un des enseignements de la parole de Dieu de ce jour. Cette maxime, si c'en est une, peut se vérifier avec l'activité missionnaire du diacre Philippe chez les Samaritains.
Ce dernier est l'un des sept hommes, institués diacres par les apôtres, pour organiser le service de table dans la 1ère communauté chrétienne de Jérusalem. Cet épisode nous a été relaté dans la 1ère lecture de dimanche dernier. Et comment se retrouve-t-il en Samarie? En effet, c'est suite à la mort d'Étienne, le 1er martyr de la foi au Christ ressuscité, qui était aussi parmi ces sept, qu'une grande persécution va commencer, visant particulièrement les chrétiens d'origine helléniste, dont Étienne était membre. Et c'est grâce à cette persécution, en quelque sorte, que la Bonne Nouvelle va sortir enfin de Jérusalem pour atteindre les autres villes de Judée et la Samarie, comme Jésus l'avait ordonné à ses disciples, le jour de son Ascension :"Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre"(Ac 1,8). Jusque-là, les disciples n'avaient pas encore trouvé le moyen de mettre en œuvre cette dernière recommandation de leur Maître. C'est donc après cet événement dramatique que cela sera possible.
De cet état de choses, frères et sœurs, nous retenons que toutes les épreuves de la vie, comme par exemple une maladie, la perte d'un être cher, un divorce, la perte d'un emploi, une injustice subie, etc, ne doivent pas toujours être perçues comme des fatalités, provoquant au passage de graves dépressions, car elles peuvent parfois, devenir des écoles de vie, des lieux de croissance humaine et spirituelle, des occasions où nous nous posons des questions fondamentales qui peuvent donner un sens nouveau à notre vie.
Le secret alors serait de les accueillir dans la foi. C'est elle seule qui peut nous aider à ne pas sombrer totalement, et ainsi pouvoir accueillir la nouvelle grâce qui peut se cacher derrière telle ou telle épreuve. Ne dit-on pas souvent, quand le Sgr nous ferme une fenêtre dans notre vie, c'est parfois pour nous ouvrir une grande porte. Parce qu'avec lui, derrière un mal, il est capable de tirer un grand bien. Les exemples et les témoignages dans ce sens sont légions. Voilà pourquoi le chrétien confronté à une épreuve, ne doit pas poser la question du pourquoi ceci m'arrive, comme s'il demandait des comptes à Dieu ; et surtout que cette question ne donne accès à aucune réponse. Face à l'épreuve, il doit plutôt poser la question du comment. Dans le sens de Comment faire maintenant Sgr, quand ceci m'arrive? Une question ouvre un chemin de foi et d'accueil du message de grâce qui peut se cacher dans cette épreuve.

Actes 6,1-7
Ps 32(33)
1Pierrre 2,4-9
Jean 14,1-12

Jésus, la pierre angulaire de notre vie"
Frères et sœurs, saint Pierre Dans la 2e lecture, nous dit que Jésus est la pierre rejetée par les hommes, mais qui est devenue la pierre d'angle, choisie par Dieu pour bâtir l'édifice de son royaume. Ainsi donc, nous les chrétiens, nous devons faire de Jésus la pierre angulaire de notre vie. Et le chrétien qui fait un tel choix, en réalité n'est plus n'importe qui. Car, il devient un être différent des autres personnes, dans tout ce qu'il fait et dit. Nous nous souvenons pour cela par exemple, des paroles de Saint Paul aux Thessaloniciens, qui montrent cette différence qui existe entre nous chrétiens et les autres : «Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort, afin que vous ne soyez pas abattus comme les autres qui n'ont pas d'espérance» (1Th 4,13). Saint Pierre aujourd'hui, dans le même sens, nous rappelle qui nous sommes réellement : «Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut» (1 2,9).

Actes 2,14.22-33
Ps 15(16)
1Pierre 1,17-21
Luc 24, 13-35

«Avec Jésus, il faut garder espoir» 
Chers frères et sœurs, l'expérience spirituelle des disciples d'Emmaüs peut être l'expérience de tout un chacun d'entre nous.
Voyez-vous, de Jérusalem à Emmaüs, c'est le chemin des retours tristes, des espoirs déçus. Il est encore celui de ceux qui se sentent perdus à cause d'un gros échec dans la vie, et qui parfois envisagent même d'en mettre un terme. C'est ce que ressentiront tous les amis de Jésus, représentés ici par nos deux compagnons d'Emmaüs.
En effet, voilà un peu plus de trois ans qu'ils se sont engagés à sa suite ; et tellement ils ont vu des signes et des prodiges qu'il réalisait, ils verront en lui le messie politique tant attendu, qui libérerait le peuple d'Israël. Mais alors grande sera leur désillusion et leur déception quand ils le verront mourir le vendredi saint, comme un vulgaire bandit. Tous ces espoirs fondés sur lui, se sont écroulés comme un château de cartes. Alors puisque tout est fini, ils retournent dans leur village, pour embrasser leur ancienne vie. Et la réponse qu'ils donnent à Jésus, quand ce dernier les rejoint sur la route et qu'il leur demande : «De quoi discutez-vous en chemin ?»(Lc 24,17), illustre bien ce sentiment d'échec, d'espoir perdu. Ils lui répondent : «Nous, nous espérions que c'était lui qui allait délivrer Israël»(Lc 24,21).

Actes 10,34a.37-43
Ps 117(118)
1Corinthiens 5,6b-8
Jean 20,1-9

 "Il vit, et il crut" 

Chers frères et sœurs, la solennité de la fête de Pâques que nous célébrons aujourd'hui, est une lueur d'espoir et une source de grande joie, et d'espérance pour tous ceux qui ont mis leur espérance en Jésus-Christ.
En effet, de même que le vendredi saint fut un jour de grande désillusion et de grand désarroi pour les amis de Jésus, quand ils le voyaient mourir en croix, eux qui l'ont vu faire des choses impossibles humainement, comme ramener les morts à la vie, espéraient certainement jusqu'au bout, un retournement favorable de la situation, qui transformerait leur cauchemar en une tout autre réalité, plus heureuse. Seulement, l'heure de Dieu et sa façon de faire, ne seront jamais les nôtres. Cette impossible qu'ils attendaient et espéraient, ce retournement de situation favorable tant souhaité, devait se produire, non durant cette terrible journée du vendredi saint, mais au matin de Pâques.
Grande fut alors leur joie à l'annonce de cette Bonne Nouvelle : Jésus est bien vivant ; il n'est pas resté prisonnier du tombeau. Dieu par sa force et sa puissance, a retourné la situation. Et avec ce scénario, digne des films Hollywoodiens, Pâques devient, pour tous ceux qui croient au Christ, la fête où tous les espoirs sont permis. Car avec Dieu, tant qu'il n'a pas encore dit son dernier mot, tant qu'il n'a pas encore décidé de l'issue finale de notre vie, rien n'est fini, tant que ce n'est pas fini. Toutefois, pour être capable de faire l'expérience de ce type de retournement de situation, une seule condition est nécessaire au préalable : il faut devenir ou être le disciple bien-aimé de Jésus.
C'est lui en effet, qui a été capable de voir et de croire, grâce à l'amour qui l'animait pour son Maître, que ce dernier est vivant, là où les autres, comme Pierre, ne comprennaient pas encore, ou cherchaient encore à bien comprendre. Face au tombeau vide, l'Évangile nous dit que ce disciple entra : "il vit, et il crut"(Jn 20,8).

Évangile des Rameaux Matthieu 26,14-27.66
Isaïe 50, 4-7
Ps 21(22)
Philippiens 2,6-11

Avec le Christ, tenons fermes dans notre foi 

Chers frères et sœurs, au moment où nous célébrons ce dimanche des Rameaux et de la passion, qui marque l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, où il va se donner jusqu'au sacrifice suprême de sa vie, pour que nous ayons la vie, nous voulons, nous unir spirituellement à lui pour revivre cette immersion aux sources de notre foi.
Comme avec le prophète Isaïe qui écrit à ses contemporains en exil à Babylone, pour les réconforter et les inviter à garder le moral et à tenir bon dans l'adversité, car le Sgr ne les a pas abandonnés, c'est le même état d'esprit que nous devons avoir, en ce moment où nous entamons cette dernière étape de notre montée vers Pâques. Ils sont nombreux, au regard de leurs situations existentielles difficiles, qui ont besoin d'entendre cette parole d'espérance, car la tentation est parfois grande de reprendre ce cri de "désespoir" du psalmiste de ce jour, devenu célèbre, puisqu'ayant été repris par Jésus lui-même en croix : "Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?"

Ezekiel 37,12-14
Ps 129(130),1-8
Romains 8,8-11
Jean 11,1-45

 «Moi, je suis la résurrection et la Vie»
Chers frères et sœurs, la foi chrétienne prend sa source dans l'événement de la résurrection de notre Sgr JC ; sans elle, tout l'édifice de notre foi s'écroule comme un château de cartes ; sans elle encore, comme le dira saint Paul, notre foi est vaine.
Jésus en faisant revenir Lazare à la vie, quatre jours après qu'il soit mort, (car en vérité on ne peut pas parler de résurrection comme celle de Jésus, puisque Lazare mourra une seconde fois), il a voulu anticiper sa propre résurrection, préfigurant par le fait même la nôtre aussi. Par ailleurs, Jésus par ce miracle, a voulu manifester au monde, qu'il est désormais celui en qui nous avons la vie sans fin et en qui nous pouvons croire, c'est-à-dire il est celui sur qui nous pouvons miser notre vie présente et future. Désormais en Jésus-Christ et avec lui, pour tous ceux qui croient et mettent leur espérance en lui, ils ne mourront plus jamais (Jn 11,26). En lui et avec lui, la mort biologique n'est plus la fin de tout ; elle est plutôt une porte qui s'ouvre pour donner accès à la vie, celle qui ne finit pas.

Exode 17,3-7
Ps 94(95)
Romains 5,1-2.5-8
Jean 4,5-42

Jésus, la source vive du Père qui donne la vie éternelle

Chers frères et sœurs, l'évangile de ce jour nous relate une rencontre vivifiante entre Jésus et une femme de Samarie, autour du puits de Jacob. Pour mieux entrer dans l'intelligence de ce qui se joue dans cette rencontre, une image peut nous aider. C'est celle d'une plante : si elle vient à manquer d'eau, elle commence à perdre ses couleurs, elle fane et par la suite elle meurt.
Jésus qui vit dans un pays désertique, sec et aride, sait combien l'eau est précieuse et vitale, dans ces endroits-là. Saint Jean qui nous relate la scène et qui a su s'élever dans les mystères très profond de Dieu, compare l'existence de cette samaritaine à une plante qui a besoin d'eau et il nous présente Jésus comme cette eau vive qui peut redonner des couleurs à nos existences, et les empêcher de faner et donc de mourir. Jésus demande l'eau à la Samaritaine, celle-ci marquée par le poids des rivalités historiques entre son peuple et celui des juifs, affiche une certaine réticence, ce qui est humainement compréhensible et normal, on pourrait dire. Voilà que Jésus va se révéler à elle dans un dialogue qui va transformer toute son existence : Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit :"donne-moi à boire", c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive.
Jésus révèle à cette femme qu'il est le don de Dieu, la source vive du Père, donné aux hommes pour qu'ils aient la vie, la vraie, celle divine. Comme les plantes ont besoin d'eau pour vivre, il apporte aux hommes la vie et l'amour dont ils ont besoin pour être heureux. Voilà pourquoi il dit à la Samaritaine qu'elle n'aura plus jamais soif. Du coup, le slogan l'eau c'est la vie, peut trouver tout son sens aussi en Jésus, c'est lui la vraie eau qui donne la vie. Mais alors, comment faire pour avoir accès à cette eau extraordinaire et exceptionnelle qui peut étancher définitivement nos différentes soifs existentielles, qui peuvent être multiples : soif spirituelle, soif de paix, d'amour, d'harmonie, de justice, de pardon, de développement intégral, etc ?

Genèse 12,1-4
Ps 32(33)
Timothée 1,8b-10
Matthieu 17,1-9

Carême, temps de transfiguration 

Chers frères et sœurs, dimanche dernier, nous étions au désert avec Jésus, lieu de tentations par excellence. Et nous prenions alors l'engagement, qu'à sa suite, nous allons apprendre à lutter et à vaincre nos propres tentations.
Aujourd'hui, avec l'événement de la transfiguration, nous sommes invités en ce temps de carême, à monter avec Jésus sur la montagne pour prier. En effet, dans la foi juive, la montagne est le lieu de la rencontre avec Dieu, le lieu de la présence de Dieu. Par le passé, nous nous souvenons que Moïse a eu la Révélation du Dieu de l'Alliance et avait reçu les tables de la Loi sur la montagne du Sinaï. Sur la même montagne, le prophète Élie avait eu la Révélation du Dieu de tendresse dans la brise légère, alors qu'il fuyait la vengeance de la reine Jezabel. Moïse et Élie qui apparaissent sur la scène de ce jour, sont les deux colonnes de la foi juive, de l'Ancien Testament ; l'un et l'autre représentent la Loi et les Prophètes, qui forment le socle sur lequel cette foi est fondée et transmise.

Ben Sirac 15,15-20
Ps 118(119)
1Corinthiens 2,6-10
Matthieu 5,17-37

Dieu nous a créés libres
Chers frères et sœurs, la question de notre liberté et de ce en quoi elle consiste, est au cœur de notre méditation de ce jour.
En effet, Dieu n'a pas voulu faire de nous des simples marionnettes ou des petits esclaves qui lui obéiraient sans broncher. Puisqu'il n'est qu'amour, alors il nous a voulu libres pour que nous puissions l'aimer librement et sans contrainte. Car, quel parent par exemple, forcerait son enfant à l'aimer ? Ou encore, quelle satisfaction un parent aurait-il s'il passe le temps à quémander l'amour de son enfant ? Même comme certains le font aujourd'hui, ce qui est vraiment dramatique.

Isaïe 58,7-10
Ps 111(112)
1Corinthiens 2,1-5
Matthieu 5,13-16

Témoigner de sa foi avec courage
Chers frères et sœurs, Jésus utilise deux images qui nous sont très familières, mais alors porteuses d'une grande signification, pour notre être chrétien en ce monde. Par les images du sel et de la lumière, Jésus nous interpelle tous, nous qui sommes ses disciples, sur ce que doit être notre vie de foi au quotidien.
Prenons en premier l'image du sel. Nous connaissons tous son rôle dans nos aliments, il donne du goût. Quand j'entends donc Jésus me dire : «Tu es le sel de la terre» cela signifie que je dois donner du goût autour de moi*. Et comment ? Par la qualité de la vie que je mène. Isaïe dans ce sens, nous donne un contenu concret dans la première lecture : _«Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te derobe pas à ton semblable»(Is 58,7). Certes, tout ce que le prophète dit ici, n'est pas forcément l'apanage des seuls chrétiens que nous sommes, car même les croyants d'autres religions et même les non croyants, peuvent aussi agir ainsi, par pur humanisme, mais pour nous, c'est au nom de notre appartenance au Christ que nous devons assaisonner le monde, par notre sel qu'est le Christ lui-même.
En effet, de même que le sel on ne le voit pas dans les aliments, mais on ressent seulement sa présence, par le goût qu'il donne, c'est pareil avec Jésus. Les gens ne le voient pas aujourd'hui avec les yeux de chair, mais à travers chacun d'entre nous qui sommes ses disciples, ils peuvent goûter sa présence. Ainsi, en apportant la joie, la paix, l'amour, le pardon, la compassion, l'attention aux autres, bref en étant sensible aux différentes souffrances que nous rencontrons, nous donnons alors de la saveur christique à notre monde qui en a tant besoin, au regard du mal de la souffrance, de la misère qui semblent dominer.